
Maï : Simon, qu’est-ce qui t’a amené à explorer la notion de vision du monde lors de tes conférences ?
Simon : C’est une notion centrale issue de la Programmation Neurolinguistique (PNL), fondamentale pour comprendre la communication interpersonnelle. Il s’agit de saisir que la manière dont je vis et reçois le monde peut être totalement différente de celle de mon voisin. Intégrer cette différence explique de nombreux malentendus.
Jem : Ok, mais comment tu fais pour leur faire vivre ça en direct dans une conférence ? Ils ne restent pas assis à écouter, si ?
Simon : Surtout pas ! Pour faire vivre cette expérience aux participants, j’utilise principalement le jeu de société Identik. Une personne possède une illustration qu’elle doit décrire à l’ensemble du groupe. Le moment clé survient quand on compare les résultats : même si tout le monde a entendu la même consigne, le résultat est frappant. Nous nous retrouvons avec des centaines de dessins différents.
Maï : Pourrais-tu nous donner un exemple marquant de cette variation d’interprétation pour que tout le monde comprenne bien ?
Simon : Je me sers souvent d’une image représentant un lapin dans un chapeau, avec en dessous une baguette de magicien. Si l’on demande simplement de dessiner une « baguette magique », les interprétations divergent immédiatement. Certains vont comprendre une baguette classique de magicien bicolore, d’autres une baguette de pain, ou une baguette de fée étoilée, voire un simple morceau de bois style Harry Potter. Cela prouve bien que les mots n’ont pas la même résonance pour chacun d’entre nous.
Jem : Et au final, quel est le lien avec tout ton travail en coaching d’équipe ? Ça sert à quoi de savoir ça au bureau ?
Simon : J’utilise un outil de coaching qui s’appelle le FOS : Faits, Opinions, Sentiments. Cet outil permet de trier ce qui est factuel, ce qui relève de mon opinion personnelle et ce qui concerne mes émotions. Le constat est fréquent : nous avons tendance à présenter et ancrer nos opinions comme s’il s’agissait de faits indiscutables. Différencier les opinions des faits, c’est-à-dire de ce qui est partagé par l’ensemble du groupe, permet de sortir de la confusion pour avoir une communication plus saine au travail.